Chambre noire - photographie » Lily Franey

Lily Franey

Née à Paris de famille ouvrière, autodidacte, Lily Franey réalise ses premiers reportages dans le Haut-Atlas et le Sahara. A la rencontre des êtres les plus vulnérables, sa vie devient alors une suite de reportages à travers le monde.
Sensible au monde qui l’entoure, déterminée et infatigable, la discrète Lily est sur tous ses fronts de prédilection : femmes, enfance, droits de l’homme… Expositions et publications se succèdent. Le musée d’histoire contemporaine fait une acquisition de ses photographies sur « le monde du travail ».
Elle prolonge son engagement par la réalisation de films documentaires.

Le monde du travail

Le monde du travail

46 photographies

J’ai été précocement plongée dans le monde du travail, c’est peut-être pour cela que je suis à l’aise dans les usines, les entreprises.

Photographe femme, c’est en regardant vivre mes semblables que j’ai commencé à raconter ma propre histoire. Progressivement, le monde du travail, la vie quotidienne, ont été au cœur de mes préoccupations.

Cette passion m’a conduite en 1990 à Renault Flins, Peugeot Talbot et à Montrouge à l’entretien du TGV, où j’ai pu traduire « L’homme et la machine ». Au grand désespoir de mon accompagnateur de direction qui ne  souhaitait me montrer que les robots.

En 1991, l’agence Rapho, me commande une exposition pour la direction de la RATP sur la vie des machinistes (exposition parrainée par Robert Doisneau). Affiches dans le métro parisien en 4m x 3m.

En 1997, des syndicats remarquent mon travail et me commandent une exposition sur la vie du personnel hospitalier de l’AP-HP. Puis en 2000, à l’occasion du 8 mars, journée de la femme, une exposition sur les métiers des femmes pour le CRE/RATP.

En 2005, j’obtiens une aide à la création pour réaliser une exposition sur les femmes qui font un métier « d’homme » « Femme au féminin singulier ». Exposition accompagnée de textes écrits par les femmes qui expriment leurs difficultés de vivre dans un univers majoritairement masculin « Pas le droit à l’erreur, être sans faille, toujours prouver que l’on est  capable de ….. »

A la suite de cette exposition, je réalise deux documentaires pour la télévision « Femme d’atelier » et « Les cheminotes ».
En 2008, le musée d’histoire contemporaine fait l'acquisition de 43 de mes photographies sur le monde du travail.

L'Auvergne au futur antérieur

L'Auvergne au futur antérieur

39 photographies

Tout a commencé en 1993, par la rencontre d'une photographe, parisienne, avec un village du Haut-Livradois.
Séduite et captivée, Lily Franey a prolongé ses rendez-vous pendant plusieurs années et a su se faire adopter par tous. Elle a pu ainsi réaliser ces portraits intimes, ces portes entrebâillés sur des pans de vie, sur des moments de complicité et de partage.
Mais quel regard porteraient les autres sur ces photographies ?
Y verraient-ils un témoignage sur la transmission des valeurs ? Comment les enfants d'Auvergne voient-ils leur propre avenir, comment s'imaginent-ils quand ils auront eux-même 70 ans ?
C'est ainsi qu'est née l'idée d'un échange avec les élèves du collège de ce bourg qui ont laissé leur imaginaire et leur sensibilité aller en toute liberté face à ces photographies.
Ce travail est l'aboutissement de cette démarche conjuguée au futur antérieur.

Les dernières heures de l'apartheid

Les dernières heures de l'apartheid

42 photographies

Afrique du Sud 1989-1990.
L’apartheid sévit encore, l’ANC va sortir de la clandestinité, Nelson Mandela ne sortira de prison que le 11 février 1990.

Cuba

Cuba

39 photographies

Les enfants ont des droits

Les enfants ont des droits

38 photographies

En entrant dans le monde photographique de Lily Franey, nous nous trouvons plongés dans l’univers de l’enfance. Est-ce une fuite, une frayeur devant la brutalité du monde actuel ou est-ce le rêve d’un avenir un peu plus pur, plus simple ? Fuit-elle l’agressivité et l’injustice que nous côtoyons pour se tourner vers l’insouciance, la protection fœtale retrouvée dans les piscines tempérées, les rêves et les rires de ces enfants heureux ou au contraire ces photos sont-elles les images utopiques et idéalisées d’un avenir libre et sans contraintes pour l’homme ?

On aurait tendance à oublier que Lily Franey est une militante de longue date, qu’elle a voyagé et photographié partout où l’homme souffre : les images de la famine et de la guerre en Éthiopie, de la sécheresse du Sahel, les problèmes d’après guerre du Viet-Nam, les révoltés au Guatemala... En France elle photographie constamment le monde du travail et elle soutient par tous ses moyens les femmes et les hommes dans leur lutte pour plus de justice sociale.

Dans ses dernières photos, Lily Franey se laisse envahir par une tendresse qui manque tant en ce monde. Elle nous montre le plaisir que nous éprouvons tous à contempler les découvertes merveilleuses des enfants.

Veut-elle nous montrer que c’est peut-être la seule façon qui nous reste de rendre notre monde un peu plus humain ?

Sabine Weiss

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