Chambre noire - photographie » Hervé Gloaguen

Hervé Gloaguen

Hervé Gloaguen est né en 1937 à Rennes. Il passe son enfance à Hédé, un village d’Ille et Vilaine.
Education catholique, études médiocres, H. G. supporte mal les contraintes d’un enseignement très conservateur. Adolescent, la découverte du Jazz lui apporte le souffle de liberté dont il a besoin.
En 1958, H. G. intègre l’E.T.P.C. rue de Vaugirard à Paris où il apprend la technique photographique. Il fréquente des jazzmen amateurs et des comédiens débutants ; avec eux il fait ses premières photographies.
En 1960, H.G. fait son service militaire. Affecté pour deux ans au laboratoire photographique du Service Cinéma des Armées au fort d’Ivry, il y rencontre Christian Hirou, futur grand caméraman de télévision qui le met sur la piste du reportage, et François de Roubaix, excellent jazzman et futur compositeur de musiques de films.
En 1962, rendu à la vie civile, H.G. cherche du travail. Le cinéaste Chris Marker le recommande à Réalités, revue mensuelle de qualité, illustrée par des photographes de talent. L’un d’entre eux, Gilles Ehrmann, l’engage comme assistant. H.G. pénètre dans le monde du photo-journalisme professionnel. Gilles Ehrmann est aussi un maître en esthétique et en philosophie : qu’est-ce que la photographie ? Qu’est-ce qu’une photographie ? Qu’est-ce qu’un photographe ? H.G., bon élève pour un temps, écoute, observe, photographie ; Il obtient sa carte de photo-journaliste professionnel, sa première carte de presse en 1964.

Réalités, qui paraît maintenant en couleurs, renouvelle ses équipes ; H.G. est envoyé en Angleterre, en Irlande, aux Etats-Unis. A New York, il photographie l’avant-garde : Merce Cunningham, John Cage, Andy Warhol, les cafés théâtre d’off off Broadway, l’université Columbia, foyer de contestation étudiante. C’est un temps d’enthousiasme. Retour à Paris, H. G. a l’idée d’une enquête sur l’art contemporain ; avec Anne Tronche, jeune critique avertie, il se lance dans une série de photos sur les mouvements plasticiens des années 1960-70 qui aboutit au livre « L’art actuel en France », publié par André Balland et à une exposition au Musée d’Art moderne de la ville de Paris en 1973.

En 1972, H. G. a fondé l’agence Viva avec Alain Dagbert, Claude Dityvon, Martine Franck, François Hers, Richard Kalvar, Jean Lattes et Guy Le Querrec. Ces photographes aguerris entendent mieux contrôler leur travail, traiter des sujets en profondeur, bref, être libres !… Le vent de mai 68 a soufflé et souffle encore…
Dans cette ambiance stimulante, H. G. participe au sujet collectif « Familles en France », produit par Viva et réalise de nombreux reportages : Angleterre, grève des mineurs 1972, Pologne, état des lieux 1973, Portugal, révolution des œillets 1974, Vietnam, la chute de Saïgon 1975, Italie, élections législatives 1976, Espagne, les premières élections après Franco 1977. Les photographes de Viva sont de fervents adeptes du noir et blanc, H. G. photographie beaucoup en couleurs : esprit de contradiction ? Pratique acquise à Réalités et EDF ? Intérêt pour la peinture ? Un peu de tout cela, sans doute…


En 1982, l’agence Viva, minée par les problèmes financiers et les désaccords entre photographes cesse son acitivité ; H. G. travaille désormais avec l’agence Rapho.
S’enchaînent aussi des reportages plus ponctuels pour le New York Times, Newsweek, Fortune, Le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies, l’UNICEF, et des séjours à Rome ou H. G. s’est lancé dans un essai photographique sur Rome la nuit en couleurs sans flash poursuivi jusqu’en 1995.

En 1987, en reportage pour l’UNICEF au Niger, H. G. est attiré par une petite communauté de femmes nomades sauvées de la terrible sécheresse de 1984 par des aides locales et internationales. Pour survivre, ces femmes nées dans un monde pastoral, ont appris la couture et le jardinage. Leur histoire est tragique, leur beauté saisissante de noblesse et de courage. H. G. multiplie les visites avec la complicité de l’UNICEF, sa série de portraits « Le miel et le bronze, femmes nomades au Niger » est présentée aux RIP en Arles en Juillet 1989 et au siège du Crédit Foncier de France à Paris en décembre de la même année.

A partir de 1990, H. G. est admis comme passager photographe sur le raid Air Solidarité, une organisation aéronautique et humanitaire qui collecte des fonds et apporte du matériel pour des associations villageoises au Burkina Faso. Jusqu’en 1998, chaque année, H. G. se joint à un groupe de pilotes amateurs passionnés qui décolle d’Ajaccio ou de Perpignan à destination de l’Afrique noire. Le survol à basse altitude des immensités africaines, l’atterrissage sur des pistes de brousse aménagées par les villageois, la visite des micro-projets agricoles, éducatifs, sanitaires réalisés grâce à l’appui d’Air Solidarité permettent à H. G. de graver en image et en conscience les beautés et les difficultés africaines qu’il a  entrevues par les routes et par les pistes avec l’UNICEF, Géo ou l’ONG « Vétérinaires sans frontières ».
H. G. a aussi à son actif plusieurs reportages sur les réfugiés. En 1986, l’association France Terre d’Asile lui a commandé un reportage très complet sur les demandeurs d’asile en France et le Haut Commissariat aux Réfugiés l’a sollicité pour des reportages au Canada, aux USA, au Pakistan et dans plusieurs pays africains.
De 2003 à 2006 : fréquents séjours à Londres, 2008 : voyage au Japon, 2009 : voyage au Cambodge, au Vietnam et au Laos.

Hervé Gloaguen est membre du collectif Chambre noire.

Premières élections après Franco

Premières élections après Franco

47 photographies

Espagne 1977

Révolution des Œillets - Portugal

Révolution des Œillets - Portugal

43 photographies

mai 1974

Le miel et le bronze

Le miel et le bronze

20 photographies

Hervé Gloaguen a effectué une vingtaine de reportages en Afrique. En 1987, en mission pour l’UNICEF au Niger, il entreprend de raconter l’histoire d’un groupe de femmes nomades victimes de la grande sécheresse de 1984.
Regroupées à Tanout, entre Agades et Zinder, elles survivent par le tissage et le jardinage, loin du monde nomade et pastoral qui les a vues naître et grandir. Leur beauté tragique lui inspire cette série de portraits en couleur.

Jazz

Jazz

18 photographies

Établi à Paris en 1958, passionné de jazz, Hervé Gloaguen photographie ses idoles dans les salles de concert parisiennes et aux Etats-Unis, à New York et à la Nouvelle Orléans, lors de reportages qui le mènent de l’autre côté de l’Atlantique entre 1960 et 1967.

Artistes

Artistes

30 photographies

À New York en 1966, Hervé Gloaguen photographie le peintre Andy Warhol et le chorégraphe Merce Cunningham. La découverte de l’art moderne américain lui donne l’idée d’une enquête photographique sur le monde de l’art contemporain en France. Entre 1966 et 1973, il photographie cinquante artistes appartenant aux différents mouvements plasticiens de l’époque.

La chute de Saïgon

La chute de Saïgon

30 photographies

Photojournaliste ayant fondé l’agence Viva avec six autres photographes en 1972, Hervé Gloaguen suit de près l’actualité du Vietnam.
Le monde entier attend la chute de Saïgon, avec la victoire des communistes vietnamiens. Le 30 avril 1975, les chars nord-vietnamiens entrent dans Saïgon ; une guerre de trente ans se termine, le Vietnam unifié ouvre une nouvelle page de son histoire.
À Saïgon, qui bientôt prendra le nom d’Ho-Chi-Minh Ville, Hervé Gloaguen photographie les premières heures du nouveau régime.

A Rome la nuit

A Rome la nuit

19 photographies

Hervé Gloaguen parcourt l’Italie en 1974.
À Rome, il est « saisi » par l’ambiance des soirées, par le rite de la passagiata. Jusque très tard dans la nuit, le peuple de Rome déambule dans sa ville. Chaque soir, il s’approprie les ruelles et les places du centre historique, devenues scène de théâtre. Chaque soir se déroule un spectacle où se mêlent Romains et touristes.
En 1974, Hervé Gloaguen se lance dans un essai photographique sur cette ville, en couleur et sans flash, qu’il poursuivra jusqu’en 1995, au grès des séjours et des reportages de commande dans la capitale italienne.

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