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Correspondances

Paris, le(s) jour(s) d'après

Paris, le(s) jour(s) d'après

28 photographies

Paris, 13-11-2015, les jours d'après par Zabou Carrière.

Fête des Guédés

Fête des Guédés

28 photographies

Le 1er et 2 novembre le cimetière de Port-au-Prince est envahi par la population venant rendre hommage à ses morts. C’est la fête des Guédés, les esprits de la mort et de la résurrection dans le panthéon vaudou. Ayant déjà vécu ils ne craignent plus rien. Poudrés, armés de lunettes parfois à l’envers, vêtus de noir ou de violet, ils sillonnent les allées en proférant des obscénités. Rires et amusement avant tout au son de bandes de raras.
Leur parcours mène à un enclos noir au centre duquel se trouve la croix de Baron Samedi, le maître du cimetière. Les visiteurs viennent lui rendre visite avec des offrandes (alcool, pain, objets de dévotion…) et tapent sur sa croix et brûlent un cierge en espérant qu’il leur apportera une vie meilleure. Houngans, Mambos , Hounsis vêtues de blanc, initiés et vaudouisants se doivent de participer à cette fête carnavalesque.
Des joutes de Barons( Samedi, Lacroix Kriminel, Cimetière) se déroulent tandis que quelques adeptes s’enduisent les parties génitales de concoction pimentée accompagnées de paroles ordurières. Baron Samedi monte sur sa croix effectue des gestes ancestraux et silencieux reçoit les invectives de la foule. Insultes, compliments, prières dans une ambiance d’exaltation collective. Non loin se trouve son épouse, Grande Brigitte coiffée d’un chapeau pointu et d’un voile noir fumant sa pipe. Elle recueille les vœux de tous ceux qui viennent lui donner un petit cadeau, un billet, une cigarette ou une bouteille de rhum.
Images pieuses, chapelets, cierges se mêlent aux ossements et autres ouangas dans ce parfait syncrétisme que représente le vaudou en Haïti.

Haïti, après

Haïti, après

37 photographies

par Fabien Moravia

Fabien Moravia est né en 1957 à Port-au-Prince et vit à Paris.
Le 12 janvier 2010, comme presque tous les Haïtiens, sa vie a basculé.
Des heures d’angoisse, sachant sa famille sous une maison effondrée, puis, 18 heures après, un soulagement indicible en apprenant que tout le monde s’en était sorti avec de simples blessures. L’habitation étant réduite à un amas de gravats. Incompréhensible.

Le tremblement de terre a emporté les vies de près de 300 000 Haïtiens et laissé un million de sans abris, un nombre incalculable de blessés mais surtout un traumatisme profond car le danger est toujours présent et le sera pour toujours, on le sait maintenant. La faille n’a fait que la moitié de son travail disent les sismologues.

De Paris où les images de la télévision occupent ses nuits, il ne tient plus et part pour Madrid, Santo Domingo puis arrive en bus à Port-au-Prince dont l’aéroport est réservé aux secours d’urgence internationaux.

Ainsi il nous livre sa vision d'Haïti à travers le regard de l’architecte et du citoyen haïtien parfois effrayé parfois amusé mais toujours impliqué, en parcourant la ville anéantie, en se promenant sous les tentes des sans abris ou dans les hôpitaux, en arpentant les routes de province, en bavardant avec les gens qu’il rencontre, en créole, langue qu’ il affectionne tout particulièrement.

Fabien Moravia a travaillé pour la presse haïtienne et française, pour des ouvrages artistiques, littéraires, culturels ou sociaux concernant Haïti, il a également fait plusieurs expositions à Paris et à Rome.

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